Témoignages

Le jour où j’ai appris mon infertilité.

Témoignages de trois jeunes gens qui se souviennent de ce jour particulier.

Ça y est, le mot « infertilité » est lâché, plus de doute, vous n’y arriverez pas seuls… « Je ne m’y attendais tellement pas .  À vrai dire, je m’étais toujours imaginé que bébé viendrait tout naturellement au moment où nous l’aurions décidé », confie Céline.
Que se passe-t-il à ce moment précis où l’on évoque l’infertilité ? Comment gérer cette annonce ? Qu’est-ce qui nous attend après ? Trois jeunes gens racontent ce jour où ils ont appris que faire un bébé ne serait pas si simple.

Se laisser le temps de réaliser et agir vite !

Marine, 31 ans, mariée à Nicolas depuis 5 ans, se souvient de ce jour particulier :

C’était début septembre, nous avions rendez-vous mon mari et moi avec mon gynécologue de ville pour faire un point. Je lui avais fait part quelques mois auparavant de notre désir de fonder une famille.

Avec Nico, tout est allé très vite, nous avions eu un coup de foudre l’un pour l’autre, puis nous avions emménagé ensemble rapidement. Un an après nous nous sommes mariés et le désir d’enfant était devenu une évidence. Seulement, après 18 mois d’infructueux essais, j’ai décidé d’en parler à mon gynécologue. Après l’entretien de couple, quelques recommandations et examens plus tard, le verdict tombe : on suspecte chez moi une endométriose et une asthénotératospermie chez mon mari. Un grand frisson m’a envahie, le silence, la tétanie. Je n’ai pas réagi sur le moment, Nico non plus d’ailleurs. Mon médecin nous a tendu un bout de papier sur lequel étaient inscrites trois adresses de centre AMP proches de chez nous. Il nous a vite fait comprendre que nous aurons besoin d’aide pour concevoir un enfant et que malgré notre jeune âge, il ne fallait pas tarder.

Nous sortons de ce rendez-vous hébétés, ne sachant plus quoi nous dire. J’ai mis plusieurs mois avant de réaliser ce qui nous arrivait et même d’aborder le sujet avec Nico. Je me suis même mise à dénier ce diagnostic. Je me suis laissé le temps de digérer l’annonce, de partir en vacances et de passer Noël en famille. Nico a pris les choses avec beaucoup plus de philosophie. Le temps nous a permis de voir que notre envie d’avoir un enfant était plus forte que tout et nous nous sommes lancés à 150% dans ce parcours du combattantAprès deux ans en PMA, 3 IAC et 1 FIV ICSI, Marine et Nico sont aujourd’hui parents de jumeaux, Lorine et Gabriel âgés de 2 ans.

Le temps nous a permis de voir que notre envie d’avoir un enfant était plus forte que tout et nous nous sommes lancés à 150% dans ce parcours du combattant. Marine & Nico

Un idéal à reconstruire…

 Je ne sais pas pourquoi, mais je m’étais toujours imaginée le jour où j’annoncerais ma grossesse à mon copain. Comme dans les comédies sentimentales un peu niaises : quelques nausées qui vous prennent par surprise un matin avant de monter dans le métro, puis le fameux passage du « test pipi » où votre amoureux attend impatiemment derrière la porte des toilettes que vous sortiez avec les larmes aux yeux et les deux plus belles barres roses du monde à la main. » Céline, 29 ans, en couple avec Bastien depuis 6 ans, s’était imaginé qu’une grossesse arriverait sans difficulté comme pour sa sœur et ses amies, au moment où elle l’aurait désirée et avec l’homme qu’elle aimait.

Il a fallu faire le deuil de concevoir un bébé naturellement et d’accepter l’intrusion du corps médical. Céline, 29 ans.

Chaque cycle qui passe est vécu comme une énorme déception, un échec de plus qui vient ternir un quotidien pourtant propice à l’arrivée d’un bébé. « Nous avions tout pour être heureux, un appartement à nous, un boulot qui nous plaisait à l’un comme à l’autre, une vie saine, des amis… » « Arrête d’y penser, ça viendra tout seul… », entend-elle de la part sa famille ou de son entourage ou le sempiternel « C’est psychologique, tu dois faire un blocage. »

Le jour où j’ai décidé de prendre les choses en main, de pousser la porte d’une clinique spécialisée dans l’infertilité, je ne m’attendais absolument pas à entendre un jour le mot « infertilité » qui plus est « inexpliquée ». J’ai rapidement pris conscience que tout ce que j’avais pu imaginer sur la maternité resterait dans le domaine du rêve et que la réalité serait beaucoup moins glamour. Il a fallu faire le deuil de concevoir un bébé naturellement et d’accepter l’intrusion du corps médical, c’est marrant d’ailleurs, le « corps » médical… Il a fallu accepter que l’intime ne soit plus spontané et que chaque rapport sexuel soit programmé, scruté et analysé. Bien loin de mon monde poétique et girly ! Céline et Bastien ont tenté 4 stimulations ovariennes et vont prochainement avoir recours à une première insémination artificielle.

Charles, 35 ans, raconte ce jour où il a appris son infertilité et les craintes qui ont suivi :

Il y a 6 ans, je rencontrais Anaïs un peu par hasard, mais le hasard a bien fait les choses ! Nous nous sommes rapidement projetés ensemble et avons parlé bébé assez vite. Comme je suis du genre hypocondriaque et qu’Anaïs ne tombait pas enceinte, j’ai décidé de consulter mon médecin pour être sûr que de mon côté tout allait bien. Je vis sainement, sans excès, pas d’alcool et je ne fume pas non plus.

Après avoir passé des examens dont un spermogramme complet, les résultats sont sans appel et ma détresse totale. Je sors de ce rendez-vous anéanti, mes projets de vie réduits à néant et surtout avec la terrible interrogation : comment vais-je annoncer cela à ma femme ? Tout s’est emballé dans ma tête et l’idée de ne pas pouvoir offrir un enfant à Anaïs m’était insupportable. Je n’ai alors pensé qu’à la séparation, persuadé que ce serait la seule solution pour que ma femme ait la chance d’être un jour maman. Quelques jours après le verdict, j’ai finalement lancé le pavé dans la mare. Anaïs a été formidable, elle a pris cette nouvelle avec une grande sagesse, on a parlé, beaucoup parlé. Nous nous sommes finalement orientés vers un CECOS et sommes aujourd’hui parents d’un petit Gabin né le mois dernier. 

Propos recueillis par Sophie B.
Merci à Marine, Nico, Céline et Charles pour leur confiance.

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Sophie Bertero

Le magazine Web Fiv&Co est né d’une expérience personnelle d’Assistance Médicale à la Procréation qui aura duré près de 13 années. Long et difficile combat qui m’aura tout de même offert deux beaux garçons. Modestement, grâce à ce recul, mais aussi aux échanges avec d’autres couples ayant vécu, ou s’apprêtant à vivre, un parcours similaire au mien, m’est venue l’idée de créer ce magazine participatif en ligne. Issue du marketing et de la communication plurimédias, mon cursus et mon réseau professionnel m’ont permis de construire ce projet et de le faire grandir.

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Un commentaire

  1. Super témoignages ! Mon mari et moi sommes aussi passés par là. Le chemin est long mais quel bonheur d’avoir aujourd’hui notre fille avec nous !!!

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