Psycho

Se faire accompagner par un psychologue ?

Pour un couple qui entame un parcours d’assistance médicale à la procréation, il est souvent difficile d’anticiper sa capacité à surmonter les obstacles, à encaisser les échecs ou encore à faire face à ses propres phobies.
En fonction de la méthode de PMA retenue ou de la pathologie, l’homme et la femme ne seront pas soumis aux mêmes traitements et chacun, avec sa sensibilité, devra gérer ses émotions tout en restant en phase l’un avec l’autre.
Il n’en demeure pas moins que ce parcours génère beaucoup d’angoisses et parfois d’incompréhension. Il peut donc être intéressant, au moment où vous vous sentez submergé, de se confier à un professionnel. De nombreux  centres de PMA intègrent dans leur équipe pluridisciplinaire un psychologue, il vous suffira, si vous en éprouvez le besoin, d’en faire la demande.

Le stress influe sur votre capacité à tomber enceinte

De nombreuses études ont montré qu’un niveau d’anxiété élevé chez la femme influe sur l’ovulation, la fécondation ainsi que sur les fausses couches. Chez l’homme, la production de spermatozoïde peut également être altérée par un état anxieux. Il est donc important que vous abordiez l’un et l’autre la PMA en étant le plus apaisé possible, ce qui n’est pas toujours évident. Le psychologue vous aidera à libérer la parole et à vous préparer mentalement à affronter chaque étape du processus. En complément de ce suivi psychologique, d’autres méthodes alternatives comme la sophrologie, l’acupuncture, le yoga, la méditation peuvent vous accompagner et vous aider à canaliser le stress (voir nos articles et témoignages sur la médecine douce).

Être en phase dans le couple

Il est difficile d’accepter que, pour faire un enfant, l’intrusion de la médecine sera indispensable. Celle-ci peut être vécue par les membres du couple comme une atteinte à leur intimité et mettre à mal leur désir. Une fois le deuil de la procréation naturelle fait, le couple est à nouveau mis à l’épreuve lorsque les rapports doivent être programmés, sorte d’obligation médicale.
De plus, les interventions chirurgicales et les traitements hormonaux sont, pour la grande majorité, uniquement imposés à la femme. L’homme reste souvent spectateur et peut ressentir une forme d’impuissance et de culpabilité. D’ailleurs, même si le problème d’infertilité est décelé chez l’homme, la femme doit tout de même subir les injections quotidiennes. Il est donc important que les deux membres du couple soient en phase l’un envers l’autre. La femme doit être épaulée par son partenaire lors des consultations, examens, traitements hormonaux et l’homme doit être rassuré sur sa véritable place au sein du couple. Lorsque ceux-ci ne parviennent pas à trouver cette harmonie, un psychologue peut leur venir en aide en quelques séances.

Avoir le courage de faire appel à un professionnel

Là non plus, il n’est pas simple de pousser la porte d’un psychologue, car bien souvent les femmes et les hommes qui entreprennent cette démarche sont empreints de culpabilité et de doute. « Ne suis-je pas assez forte ou motivée pour atteindre mon but et devenir mère ? », « Ma femme ne me fait-elle plus assez confiance pour me parler de ses craintes ? »
Détrompez-vous et soyez rassurés, faire appel à un psychologue prouve justement votre motivation et votre volonté à tout mettre en œuvre pour y arriver.

Un entourage parfois maladroit ou qui ne trouve pas les mots

On compte aussi sur le soutien des proches, amis et familles, ceux qui vous connaissent bien et qui savent vous rassurer au quotidien. Mais bien souvent, leurs mots ne suffiront pas à apaiser vos angoisses, car la PMA, si elle n’est pas vécue de l’intérieur, est difficilement concevable pour l’entourage. Qui n’a jamais entendu : « N’y pense plus, ça va venir tout seul… », « Je connais un couple qui est parti en vacances et à leur retour, elle était enceinte… » ? Ces phrases toutes faites sont pourtant bienveillantes pour ceux qui les prononcent, mais ne sont d’aucun secours lorsque vous les recevez. Rien ne vous apaise réellement, au contraire, plus vous en parlez et plus vous vous sentez incompris. N’en veuillez pas à vos proches, c’est normal, ils ne sont pas « formés » pour comprendre les épreuves psychologiques et physiques que vous êtes en train de vivre tout au long de cette véritable odyssée qu’est la PMA.

Aussi, la procréation reste un sujet intime, car c’est une affaire de couple et puis d’ailleurs, quoi de plus naturel que de concevoir un bébé ? Pour la grande majorité, le mot « PMA » n’évoque rien. « FIV » peut-être et encore… Qu’imaginent-ils derrière ces acronymes ? Certainement pas votre souffrance et vos doutes, les multiples traitements et examens qui rythmeront ce long parcours et pour lesquels un véritable accompagnement peut être salvateur.

Gérer ses phobies et ses angoisses.

La bélénophobie, ça ne vous dit peut-être rien et pourtant vous êtes nombreuses (et nombreux) à avoir peur des aiguilles. On n’imagine pas qu’en plus d’affronter un parcours d’assistance médicale à la procréation, il faudra également faire face à ses angoisses et phobies. La peur des hôpitaux (Nosocomephobie ), d’être malade (hypocondrie), des appréhensions qu’il faudra apprendre à dominer et qui souvent paraissent insurmontables et ne font que repousser votre démarrage en PMA ou bien augmenter votre stress à chaque nouveau protocole.

Un psychologue peut là aussi vous aider à surmonter ces peurs et à mieux vivre votre parcours, peu importe l’étape ou la situation dans laquelle vous vous trouvez. L’erreur serait de ne pas en parler ou d’avoir l’impression que votre phobie est honteuse ou déraisonnée.

La peur de se projeter. Et si ça ne marche pas, que se passera-t-il après ?

Il faut bien le dire, se projeter dans un avenir où l’on ne maîtrise rien est véritablement angoissant. Il est vrai que même naturellement, personne ne sait quand une grossesse surviendra et si elle surviendra. Oui, sauf que dans le domaine ultra-technique de la PMA, la part d’inconnue demeure immense et les chances de procréer, même si elles sont en constante progression, sont comptées.

D’ailleurs, vous vous en êtes peut-être aperçu ? Lorsqu’on démarre un protocole FIV par exemple, vous devenez une experte des chiffres : la date de vos dernières règles, la date de votre dernière ovulation, les J + « quelque chose », les taux de vos dernières analyses, le nombre d’unités à vous injecter, le nombre et la taille des follicules, les dates des échographies et des prises de sang … bref tout est calculé, du moins en apparence. On ne perd pas de vue qu’à chaque tentative échouée, c’est une cartouche « grillée ». Alors se projeter dans un avenir proche ou lointain est compliqué et entraîne de nombreuses questions : « Et si ça ne fonctionnait pas, mon couple résistera-t-il à cette épreuve ? », « Quelle existence vais-je pouvoir me construire sans enfant ? »… Ces interrogations sont difficiles à vivre et ne doivent pas rester sans réponse ou sans accompagnement. Lorsqu’on arrive en fin de parcours et que la maternité telle que l’on se l’était imaginée s’éloigne, il ne faut pas refuser l’idée de l’adoption, mais l’envisager comme une possibilité. Cela peut vous sembler aujourd’hui inaccessible, mais là encore un professionnel peut vous aider à construire ce cheminement et vous accompagner vers ce nouveau parcours.

En résumé, si vous en éprouvez le besoin, que vous sentez que votre moral vacille ou que simplement vous avez besoin de « vider votre sac », l’aide d’un psychologue peut vous permettre de mieux vivre votre parcours en PMA

Marielle H.

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Marielle H.

Je m'appelle Marielle et je suis psychologue clinicienne / psychothérapeute exerçant ma profession en libérale sur Lyon depuis 15 ans.

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