#HashtagPortraits

La « Parenthèse PMA » par les cliniques Girexx

Le 20 octobre dernier,  nous avons eu la chance d’être invités à la 7e édition des « Parenthèses PMA » organisée par les cliniques Girexx à Montpellier. Cette très belle initiative dédiée à la PMA nous a offert de jolies rencontres, des conférences très captivantes et des ateliers qui ont permis aux femmes et hommes d’échanger en toute simplicité avec des professionnels (gynécologues, biologistes, pédopsychiatre, acteurs associatifs…) et d’y trouver de vrais éclaircissements.

Cette 7e édition des « Parenthèses PMA » était organisée par les cliniques espagnoles Girexx (Barcelone et Gérone) pour répondre aux interrogations des familles et futures familles devant avoir recours à la procréation médicale assistée et/ou au don de gamètes en Espagne. Pour rappel, les cliniques Girexx comptent 80 % de patients français. Parmi eux, des couples hétérosexuels arrivés en fin de parcours PMA et pour qui l’attente d’un donneur en France est devenue trop longue, mais aussi des couples de femmes et des mamans solos pour qui la procréation médicalement assistée est autorisée en Espagne. Fondées en 2008 par le Dr Angel Rocas (Gynécologue), les cliniques Girexx ont une approche très bienveillante et l’équipe (médecins, coordonnateurs internationaux, chargé de communication) qui parle français couramment est véritablement humaine.

9h15 : Arrivée avec le soleil à l’hôtel Mercure au centre de Montpellier. Les organisateurs des cliniques Girexx nous accueillent très chaleureusement avec le reste des arrivants. Les regards se croisent timidement, un ballet de poussettes et quelques doux babillages résonnent dans le hall. Nous avançons toutes et tous vers l’amphithéâtre avec un tas de questions en tête. Il faut dire qu’en ce moment, les débats sur la PMA en France sont nombreux et le sujet est sensible. D’ailleurs, les organisateurs des cliniques Girexx ont dû faire preuve d’ingéniosité et de réactivité pour remanier cette journée à la toute dernière minute. Pour permettre, en effet, à cette « parenthèse » d’avoir lieu dans de bonnes conditions, et éviter que certains groupuscules hostiles à la PMA viennent tout gâcher, il aura fallu tout réorganiser dans le plus grand des secrets.

Dr Myriam Szejer

Pédopsychiatre – Psychanalyste

Élève de Françoise Dolto, Myriam Szejer a décidé de se consacrer aux nourrissons en détresse. « J’ai eu l’envie d’écouter et parler aux nouveau-nés qui n’ont que quelques heures de vie extra-utérine. » René Frydman, directeur du département de gynéco-obstétrique de l’hôpital Antoine-Béclère, à Clamart, le « papa » du premier « bébé-éprouvette » lui a ouvert les portes de son service pour pouvoir « pratiquer son art ». Aujourd’hui attachée à la maternité de l’hôpital Foch de Suresnes, Myriam Szejer préside également l’association pluridisciplinaire « La Cause des bébés » qui milite pour « l’éthique du sujet Bébé ».

Le débat-conférence de Myriam Szejer

9h50 : L’amphithéâtre se remplit rapidement. Au programme de la matinée, un débat-conférence mené par le Dr Myriam Szejer, pédopsychiatre à l’hôpital Foch de Suresnes, qui va répondre à de grandes problématiques comme l’inclusion de la PMA dans l’histoire du couple et de l’enfant, le recours au don de gamètes, l’identité et le lien filial…

Le couple et la PMA ?

10h10 : Lancement de cette journée par une vidéo émouvante qui retrace le parcours de plusieurs familles aux profils et parcours différents, mais dont le but est commun : fonder une famille.

10h20 : Devant un auditoire très attentif, Myriam Szejer entame sa conférence en expliquant que l’infertilité reste aujourd’hui tabou. Le mélange de culpabilité et de trahison de son propre corps qui n’est pas capable d’offrir un enfant sans la médecine est encore bien présent et l’intrusion du tout médical dans l’intimité du couple est souvent mal vécue de par ses contraintes : rapports sexuels programmés, divers examens médicaux, anesthésies, etc.

L’identité et le lien filial

10h45 : Myriam Szejer aborde le don de gamètes (sperme et ovocytes) en y apportant quelques précisions nécessaires, notamment sur le rôle des donneurs dont l’anonymat est encore préservé, mais qui à l’heure actuelle est remis en question. En effet, de plus en plus d’adultes nés du don de gamètes demandent à avoir accès à leurs origines. Elle évoque aussi les problématiques d’oppositions familiales auxquelles doivent faire face certains couples hétérosexuels comme homosexuels, les réticences que l’on peut avoir sur « la part d’étranger » de l’enfant issu du don. La pédopsychiatre rassure sur cette question « des ressemblances ». Lorsqu’un enfant est issu du don, « une femme est capable d’activer, de désactiver voire de modifier certains gènes de son bébé durant la grossesse. Aussi, les nouveau-nés, grâce à la plasticité de leurs tissus et par attachement en imitant leurs parents (mimiques, sourires…) sont capables de modifier leur apparence physique (apparition de fossettes, rides d’expression) : c’est ce que l’on appelle “l’épigénétique” ». Voilà qui explique pourquoi parfois, un couple qui a eu recours au don s’entend dire que son enfant lui ressemble, ce qui arrive également dans le cas d’enfants adoptés.

11h20 : Vient alors un temps d’échange qui amène beaucoup de réactions, les questions fusent : « Doit-on parler de la PMA et du don de gamètes à son enfant ? », « Comment aborder ce sujet avec lui et à quel âge ? ». La parole et l’enfant, c’est la spécialité du Dr Myriam Szejer et comme nous l’avions traité dans un article dédié à cette thématique, la pédopsychiatre conseille d’éviter « la révélation ». Pour cela, « il est important de parler à son enfant dès sa naissance, sans insistance, de son histoire de vie et du contexte familial. Dans le cas des enfants nés d’un don de gamètes, il faut lui expliquer qu’il ne peut pas connaître l’origine du donneur, car c’est la loi ! La loi c’est frustrant, c’est certain ! Mais l’enfant comprend généralement très bien qu’il existe un cadre qu’on ne peut pas transgresser et tant qu’il n’y a pas de “non-dits” il en accepte les règles », ajoute Myriam Szejer.

Cette conférence, très captivante, suscite l’intérêt du public et le débat qui s’ensuit est riche. Le besoin d’échanger, de s’informer et de comprendre est réellement palpable.

Des ateliers thématiques : micronutrition, mamans solos, familles LGBT parentales.

De 14h00 à 16h00 : les ateliers de l’après-midi attirent aussi beaucoup de monde. Les cliniques Girexx ont convié la diététicienne-nutritionniste, Laurine Gomarin dont la pratique est axée sur l’impact des modes de consommations actuels et sur la micronutrition pour animer un atelier passionnant. En effet, la nutritionniste permet aux participants de prendre conscience des enjeux de l’alimentation dans un parcours PMA et surtout d’en devenir acteur. De nombreuses questions sont posées et Laurine sait apporter des conseils simples et efficaces pour aider l’organisme à mieux fonctionner, notamment en ce qui concerne les organes essentiels à la fabrication des gamètes.

Céline Cester, présidente des « enfants d’Arc-en-Ciel » association nationale reconnue d’intérêt général et présente dans plusieurs régions, accompagne les couples LGBT dans les démarches juridiques nécessaires pour réussir un projet parental dans les meilleures conditions. Cet atelier permet d’informer les participantes sur les étapes qui les attendent et les échanges autour de diverses expériences ont certainement réconforté ces femmes qui ressortent contentes d’avoir été écoutées, informées et armées pour l’avenir.

Enfin, l’atelier « Mamans Solos » animé par Myriam Szejer répond aux attentes de ces femmes qui ont choisi de faire un enfant seules, pour différentes raisons. Ce moment leur permet de partager des expériences, de répondre à des interrogations communes et naturelles.

16h30 : Tous les participants sortent avec le sourire de ces différents ateliers, les yeux pleins d’espoir, certainement rassurés dans leurs choix. Nous nous retrouvons tous en terrasse pour clore cette journée et le soleil est toujours là. Les regards se croisent, pleins de compassion. Le Dr Angel Rocas, fondateur de Girexx, et son équipe embrassent les enfants venus avec leurs parents, d’anciens patients. Sous mes yeux, une grande et belle famille éclectique se dessine, le temps pour moi de refermer la brochure qui m’a été offerte ce matin et sur laquelle je lis : « Votre bonheur, notre plus belle réussite ». Effectivement, le slogan de Girexx tient ses promesses, puisque c’est une journée réussie où le bonheur des uns fera certainement le bonheur des autres. Un dernier moment de partage, celui du gâteau qui vient célébrer les 10 ans des cliniques Girexx. Joyeux anniversaire et merci pour votre invitation !


Les associations « EndoFrance« , « Enfants Kdos Europe » étaient également présentes lors de cette journée.
Crédits Photos : Girexx

Voir la suite

À voir aussi...

Close

Centre de préférences de confidentialité

    Généralités

    Durée de conservation des cookies
    Conformément aux recommandations de la CNIL, la durée maximale de conservation des cookies est de 13 mois au maximum après leur premier dépôt dans le terminal de l'Utilisateur, tout comme la durée de la validité du consentement de l’Utilisateur à l’utilisation de ces cookies. La durée de vie des cookies n’est pas prolongée à chaque visite. Le consentement de l’Utilisateur devra donc être renouvelé à l'issue de ce délai.

    Finalité cookies
    Les cookies peuvent être utilisés pour des fins statistiques notamment pour optimiser les services rendus à l'Utilisateur, à partir du traitement des informations concernant la fréquence d'accès, la personnalisation des pages ainsi que les opérations réalisées et les informations consultées.
    Vous êtes informé que l'Éditeur est susceptible de déposer des cookies sur votre terminal. Le cookie enregistre des informations relatives à la navigation sur le service (les pages que vous avez consultées, la date et l'heure de la consultation...) que nous pourrons lire lors de vos visites ultérieures.

    Droit de l'Utilisateur de refuser les cookies, la désactivation entraînant un fonctionnement dégradé du service 
    Vous reconnaissez avoir été informé que l'Éditeur peut avoir recours à des cookies, et l'y autorisez. Si vous ne souhaitez pas que des cookies soient utilisés sur votre terminal, la plupart des navigateurs vous permettent de désactiver les cookies en passant par les options de réglage. Toutefois, vous êtes informé que certains services sont susceptibles de ne plus fonctionner correctement.

    Association possible des cookies avec des données personnelles pour permettre le fonctionnement du service 
    L'Éditeur peut être amenée à recueillir des informations de navigation via l'utilisation de cookies.

    Advertising

    Analytics

    Other

    Close