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Que deviennent les enfants issus de la PMA ?

 Quel est le devenir des enfants nés par FIV ? Peut-il y avoir des conséquences psychologiques ou physiques en fonction de la technique par laquelle l’enfant a été conçu ? Que sait-on aujourd’hui à long terme du devenir de ces « bébés-éprouvettes » ?

Ce que l’on sait aujourd’hui sur les enfants nés grâce à la PMA

En France, depuis l’avènement des techniques d’Assistance médicale à la Procréation, plus de 200 000 enfants sont nés par Fécondation in vitro. Selon les derniers chiffres de l’Agence de Biomédecine publiés en 2015, les enfants conçus après AMP représentent un peu moins de 25 000 naissances soit 3,1 % des naissances enregistrées. Un enfant sur 32 est donc issu d’une technique d’Assistance médicale à la Procréation.
Aujourd’hui, les problèmes posés par les grossesses obtenues après FIV sont bien connus : augmentation de la prématurité et du nombre de bébés de faible poids, l’hypotrophie (ces problèmes sont à relier à la stérilité elle-même), une plus grande fréquence de grossesses multiples (environ 25 % de grossesses gémellaires, 3 % de grossesses triples et plus).

Des enfants comme les autres ?

Sur le plan somatique et psychologique, les différentes études menées sur ces dix dernières années sont plutôt rassurantes, car elles ont montré, hormis bien entendu les séquelles dues à la prématurité, que les enfants nés par FIV sont normaux. Leur insertion familiale et sociale est même excellente. Les techniques de procréation médicalement assistée sont aujourd’hui répandues et parfaitement bien maîtrisées, mais il est important de noter que celles-ci n’ont qu’une trentaine d’années en France. Les données actuelles ne sont donc pas suffisantes pour évaluer le développement des enfants sur le long terme.

Cependant une récente étude menée par des cardiologues de l’Hôpital Universitaire de Bern (Suisse) et publiée en septembre 2018 par l’«American College of Cardiology» montre que  les enfants nés d’une assistance médicale à la procréation (AMP) pourraient souffrir d’un surrisque cardiovasculaire. Que la conception se fasse par fécondation in vitro (FIV) ou par injection intracytoplasmique de spermatozoïdes (ICSI), les gamètes et les embryons sont exposés à « divers facteurs environnementaux avant leur implantation ». « Les enfants apparemment en bonne santé montrent des signes sérieux d’inquiétude pour un risque cardiovasculaire précoce, en particulier en ce qui concerne l’hypertension artérielle », explique Emrush Rexhaj, directeur du service cardiologie de l’hôpital universitaire de Berne (Suisse). Le professeur ajoute qu’« il est de plus en plus évident que la PMA a un impact sur les vaisseaux sanguins des enfants, mais les conséquences à long terme ne sont pas connues. Nous savons désormais que cela multiplie par six le risque d’hypertension chez ces enfants, par rapport à ceux qui ont été conçus de façon naturelle ».

ICSI : un risque de malformations plus important ?

Une étude belge  a récemment mis en avant des risques de malformations (fentes palatines, malformations cérébrales ou cardiaques) dues à une technique de FIV permettant de contourner les problèmes d’infertilité masculine : l’ ICSI. Ce taux de malformations (toutes malformations confondues) est de 6 % en FIV ICSI contre  3.6 % par fécondation naturelle. Ces résultats s’expliquent par le fait que pour réaliser une FIV ICSI, les spermatozoïdes, malgré d’éventuelles anomalies génétiques, sont sélectionnés alors que de manière naturelle, ils n’étaient pas destinés à féconder un ovule.

Et les enfants issus d’embryons congelés ?

Lors d’une tentative de Fécondation in vitro, les embryons dits « surnuméraires » qui n’ont pas été transférés sont, en accord avec le couple, congelés dans de l’azote liquide à moins 196°. Lorsque le couple le décide, au bout de cinq ans maximum comme le prévoit la loi, ces embryons peuvent être « décongelés », ou plutôt « réveillés » de leur sommeil biologique pour être ensuite transférés dans l’utérus de la mère. FIVNAT a étudié les caractéristiques des nouveau-nés issus de grossesses obtenues après transfert d’embryons congelés (386 enfants) et les compare aux enfants nés de grossesses obtenues après transfert d’embryons frais (8 729 enfants)Les résultats semblent globalement meilleurs, en faveur des transferts d’embryons congelés : plus d’enfants naissent à terme (85,6 % versus 76,7 %), le taux de naissances avant 31 semaines est moins élevé (1,7 % versus 2,9 %), il y a moins d’hypotrophies (15,1 % versus 25,6 %), il y a moins de grossesses multiples (14,6 % versus 27,8 %).

Les enfants issus du don de gamètes ?

Dans le cas d’un don de gamètes (sperme et/ou ovule), la question de l’impact psychologique sur les enfants issus de cette technique est plus délicate. Il appartient en effet à chaque famille d’expliquer la situation à l’enfant dès qu’il est en âge de comprendre ou ne rien dire du tout. Cependant, l’enfant peut, en grandissant, se poser de nombreuses questions sur ses origines s’il ne partage aucune ressemblance physique ou de traits de caractère avec ses parents. L’effet psychologique serait moindre que pour une adoption, car il n’y a pas de phénomène de rejet ou de perte des géniteurs. Au contraire, on peut expliquer à l’enfant qu’il est né grâce à la générosité d’un donneur et qu’il n’a jamais eu d’autres parents ou une première histoire. Sur un point de vue génétique, l’enfant ne pourra rien connaître de son patrimoine génétique puisque la loi française protège les donneurs par l’anonymat.

« Bébés-éprouvettes » : des enfants précieux

Sur un point de vue psychologique, les « bébés éprouvettes » sont des enfants qui ont longtemps été désirés et qui sont issus d’un long et difficile combat contre l’infertilité. Souvent après de nombreuses années d’essais, de traitements, d’échecs et de fausses couches, les parents ont eu tout le temps de se préparer à l’arrivée de ce bébé, souvent surnommé « bébé miracle ». Ces enfants sont alors extrêmement précieux et les parents réalisent souvent, lors d’un parcours en PMA de la fragilité de la vie et de la complexité de la gestation. Ces enfants sont alors généralement surprotégés et plus investis par leurs parents, mais leur devenir psychologique ne varie pas, comparé aux enfants conçus naturellement.

Cependant, ces études ne s’appuient que sur des enfants âgés de 0 à 5 ans, seules quelques-unes commencent à s’intéresser aux périodes de la préadolescence et de l’adolescence. Malgré le faible recul et le peu de chiffres disponibles, les différences notées ne sont pas statistiquement significatives. Les relations parents-enfants, sur ces périodes, laissent apparaître certaines difficultés psychoaffectives, mais aucun trouble psychologique grave ne paraît relatif au mode artificiel de conception. Cette période délicate qu’est l’adolescence laisse en effet penser que l’enfant se pose davantage de questions sur son existence et sa venue au monde et que selon ces mêmes études, seuls 8,6 % des adolescents conçus par FIV étaient au courant de leur origine génétique.

L’infertilité chez les personnes nées par FIV  ?

Parmi les différentes causes pouvant expliquer la stérilité, le facteur de la génétique est certes à prendre en considération. Le syndrome de Turner, par exemple, constitue l’une des principales anomalies chromosomiques susceptibles de provoquer une stérilité chez la femme. Chez l’homme, une équipe de chercheurs a récemment identifié une cause rare d’infertilité liée à une altération génétique : la « globozoocéphalie spermatique » (considérée comme une maladie rare). Se pose alors la question des enfants nés par FIV. Ont-ils plus de risques d’être à leur tour infertiles ? La réponse est non. Les personnes nées grâce à une technique de procréation médicalement assistée n’ont pas plus de risque que d’autres de rencontrer les mêmes problèmes d’infertilité que leurs parents.
D’ailleurs, Amandine, le premier « bébé-éprouvette » qui a aujourd’hui 35 ans, a donné naissance en 2017 à une petite fille conçue de manière tout à fait naturelle. C’est aussi le cas de Louise Brown née en 1978 qui, en 2006, a eu un enfant en parfaite santé par « fécondation naturelle ».

Comment parler de la PMA à ses enfants ?

 

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