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Parcours PMA : faut-il en parler à son entourage ?

Vous avez déjà essuyé les sempiternelles questions quelque peu intrusives comme « Vous ne voulez pas d’enfant ? » ou encore « Et vous, c’est pour quand ? ». Votre entourage se demande bien pourquoi vous êtes fatiguée ou de mauvaise humeur ? Nous sommes tous confrontés un jour ou l’autre à ces pressions familiales et sociales, mais lorsqu’on est en PMA, ces questions peuvent être réellement difficiles à vivre. Faut-il alors en parler à son entourage ou garder cela pour soi ? Comment se protéger des pressions extérieures ?

La pression de l’entourage

« Nous avions fait l’erreur d’annoncer à notre groupe d’amis que j’arrêtais la pilule et que nous étions fin prêt à devenir parents ! Et puis, les premières réflexions sont apparues au bout de 6 mois. Certaines étaient franchement pesantes, voire carrément maladroites : “Alors, toujours rien ?”, “Vous avez perdu le mode d’emploi ?”… Pour les autres, on devait plutôt faire face à des questions du genre “Vous essayez toujours ?”. Au début, nous n’y prêtions pas vraiment attention et nous répondions même avec le sourire. Mais au bout d’un an et demi et quelques annonces de grossesses plus tard, nous en étions toujours au même point : pas de bébé en vue. Le regard et les questions devenaient de plus en plus lourds. Puis sont venus les premières inséminations, les premiers échecs et, blessés par certaines paroles, nous nous sommes décidés à en parler. »

Marine et Ludovic ont cédé à la pression de l’entourage et ont finalement expliqué leur parcours en demandant simplement de respecter leur silence et leur intimité. « Quand on l’a annoncé à nos amis proches, ils ont été surpris et leurs premières paroles ont été bienveillantes. Je pense même qu’ils ont dû regretter certaines paroles. Par contre, on ne souhaitait pas qu’ils changent de comportement vis-à-vis de nous. On leur a donc demandé de faire comme si de rien n’était, et que si un jour ça fonctionnait pour nous, ils seraient les premiers au courant ».

L’avis du Pro !

Un parcours PMA est généralement long et éprouvant. Entre la fatigue et l’imprégnation hormonale, votre moral vacillera entre colère, tristesse et incompréhension. Il sera difficile pour votre entourage de comprendre certaines de vos réactions. Il est donc important de pouvoir se confier et parler librement avant que vos émotions ne vous rongent et entachent vos relations sociales, familiales et professionnelles.

Pour ne pas créer de malentendus, vous pouvez verbaliser clairement vos attentes auprès de vos proches. Qu’attendez-vous d’eux ? Des moments de distraction et d’évasion, de l’écoute, du soutien ou simplement le respect de votre intimité ? Quant au choix de l’interlocuteur, il vous appartient et reste très personnel. Est-ce plutôt la famille, les amis, les deux ?

Marielle  – Psychologue clinicienne.

Se confier pour ne pas être seuls

Par pudeur, parfois par honte, il n’est pas évident pour un couple de dévoiler ses problèmes d’infertilité, c’est un sujet qui appartient au domaine de l’intimité. Seulement parfois, pour éviter les maladresses et les propos blessants, ou simplement par besoin de partager, certains couples font le choix de partager leur expérience de la PMA avec leur entourage. C’est le cas de Justine et Romain : « Dès que nous avons su qu’il fallait passer par des FIV pour avoir un enfant, nous nous sommes confiés à nos parents et amis. De mon côté, j’ai toujours été très proche de ma famille et nous avons toujours tout partagé, il n’y avait donc aucune raison que je vive cela toute seule dans mon coin. J’ai également mis ma meilleure amie dans la confidence, car je savais que certains moments seraient plus difficiles à vivre et que ce jour-là, j’aurais besoin de son soutien. »

En parler pour mieux s’organiser

En PMA, il est aussi difficile de concilier traitements, examens médicaux et vie professionnelle. Tout mener de front peut s’avérer compliqué et peut aussi devenir une source de stress, surtout si votre patron et/ou vos collègues ne savent rien de votre bataille. La loi santé de 2014 autorise aux femmes et aux hommes des absences permettant de se rendre aux examens médicaux sur simple présentation d’un justificatif médical.

« Quand on a démarré notre parcours en PMA, je me suis dit que j’en parlerais à mon chef qu’en cas d’impondérables. Je me débrouillais pour passer mes échographies et prises de sang très tôt le matin. Mais j’ai très vite vu que c’était utopique, car en PMA on ne peut jamais rien prévoir à l’avance. Finalement, pour m’éviter trop de stress, j’ai décidé d’en parler à mon chef qui a été très compréhensif. J’ai bénéficié de plusieurs autorisations d’absence et mon service s’est réorganisé pour que je puisse mener à bien mon projet PMA. Je ne regrette donc pas d’avoir dévoilé une partie de ma vie privée au travail. »

En conclusion, en parler autour de soi n’est pas une obligation, il ne faut pas être victime de notre époque où le mot « transparence » vient tout balayer y compris l’intimité d’un couple. Bien qu’un parcours PMA soit souvent long et difficile à vivre, il vous appartient d’en parler ou non. N’ayez pas l’impression de mentir en refusant de vous confier. Si vous choisissez d’en parler à vos proches, vous pouvez aussi faire le choix de sélectionner vos confidents et de leur exprimer vos attentes et vos besoins.

Se faire accompagner par un psychologue ?

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