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Ce qu’il ne faut surtout pas dire aux infertiles

Oui il y a certaines choses qu’il ne faut pas dire aux infertiles ! Petit retour sarcastique sur ces petites phrases toutes faites, parfois un peu assassines, mais qui finalement sont plus maladroites que blessantes. 

Nous parlons peu, nous les couples infertiles, pourquoi ? Eh bien, parce que ça fait mal et que le parcours n’est pas toujours simple. Aussi parce que nous ne sommes pas devins et que nous ne savons pas à quoi nous attendre quand nous entamons un parcours en PMA. Nous oscillons entre espoir et désespoir, joie et tristesse, fatigue et… grosse fatigue. Alors quand on nous aborde, il faut y aller avec douceur et délicatesse, nous sommes fragiles, nous, les infertiles !

« Arrête de te prendre la tête avec ça, tu y penses trop ! »

Première petite phrase qui se veut en apparence bienveillante, mais traduite en langage d’infertiles, elle sous-entend que si nous ne tombons pas enceintes, c’est d’abord de notre faute. Finalement, on essaie de penser à ne pas y penser ! Vu comme cela, c’est un peu vicieux comme cercle, surtout quand votre centre de PMA vous demande de venir tous les deux jours pour observer vos ovaires, vos ovocytes et vos hormones…


« Ouais, je te comprends, nous on a essayé pendant 6 mois et on a trouvé ça long ! »

Oui, alors comment vous dire ? Tous les couples infertiles sont passés par la case des 6 mois d’essais et finalement ils se sont transformés en 5 ans d’attente. Là, on peut dire que c’est long, non ?


Parler d’adoption…

Ce n’est pas qu’on ne peut pas en parler à un couple infertile, car certains ne veulent pas entamer un parcours en PMA et préfèrent directement se tourner vers l’adoption. Par contre, quand un couple infertile est en plein traitement depuis plusieurs mois voire plusieurs années, ne lui dites surtout pas : « Mais si ça ne marche pas, au pire, il existe l’adoption! » ou « Il y a tellement d’enfants orphelins et malheureux, avec vous au moins, on sait que vous ferez un heureux! ». Alors, très sincèrement, vous risquez un peu de nous vexer. D’une part, parce que nous sommes déjà au courant que l’adoption existe et que ce n’est pas un plan B, et d’autre part, l’infertile a besoin d’un peu d’optimisme, de bienveillance et il a surtout besoin de soutien pour continuer à se piquer tous les soirs et se dire que peut-être, cette fois-ci, ça fonctionnera.


La cousine d’une copine qui est partie en vacances…

… et, devinez quoi ? Eh bien, à son retour du Guatemala, elle était enceinte alors que ça faisait 3 ans qu’ils essayaient, elle et son mari ! C’est dommage, on ne parle pas suffisamment de toutes celles qui partent en Amérique du Sud et qui reviennent enceintes !  Dans le même registre, il y a aussi cette petite phrase que nous aurions également pu mettre dans le paragraphe précédent : « Ils ont adopté une petite Vietnamienne trop mignonne et puis 3 mois après, elle est tombée enceinte de jumeaux! ». Comme quoi l’adoption vaut vraiment tous les traitements !


Annoncer une grossesse à un couple infertile

Là, c’est très, mais alors très très délicat… D’abord parce que nous ne réagissons pas tous de la même manière et que, même nous, nous ne savons pas vraiment comment on aimerait qu’on nous l’annonce. De toute façon, dites-vous bien que les couples infertiles (plutôt la femme infertile !) ont un détecteur de grossesse encore plus fiable qu’un test Clearblue ! À la limite, nous vous conseillons de plutôt prévenir le couple infertile dès vos premiers essais, il aura un peu de temps pour se faire à l’idée et ne sera pas surpris que ça ait fonctionné aussi rapidement pour vous. C’est un peu intrusif comme méthode, mais dites-vous bien que l’infertile ne sera pas choqué, ça fait bien longtemps qu’il ne sait plus ce qu’est l’intimité d’un couple. Plus sérieusement, évitez juste d’organiser LA soirée de l’année pour regrouper tous vos amis et annoncer cela dès l’apéritif. D’une part, parce que tout le monde va s’enlacer à tour de bras, pleurer, hurler des « félicitations » et puis tout à coup, deux ou trois personnes jetteront un regard plein de compassion au seul couple infertile de la salle. D’autre part, vous allez lui couper l’appétit, attendez au moins le dessert. Le couple infertile a toujours du mal à encaisser les annonces de grossesse parce que c’est lui rappeler ses échecs, mais laissez-lui un peu de temps et il saura se réjouir pour vous.


Trouver des excuses aux autres…

Mise en situation : on vous annonce la grossesse d’un couple ensemble depuis moins de 6 mois. Vous répondez naturellement « Dé-jà! Eh beh, ils n’ont pas tardé! », chose à laquelle on vous rétorque : « Oui enfin, il était temps, ils vont avoir 33 ans quand même! ». Quand on vient d’atteindre les fameux 33 ans, qu’on est en couple depuis 11 ans, qu’on essaie de faire un bébé depuis 8 ans, et qu’on nous dit que l’âge, ça ne compte pas…


Faire une petite blague…

La femme infertile, c’est bien connu, boit ! Oui, elle boit à tous les repas, soirées organisées en semaine et en week-end.

Mais dès que celle-ci a le malheur de se servir un verre d’eau ou de refuser une boisson alcoolisée, tous les yeuxinterloqués se tournent vers elle et scrutent ses moindres faits et gestes. Comme rien ne traduit quoi que ce soit chez la femme infertile, il y a toujours un p’tit malin qui s’écrie : « Non!!! mais t’es enceinte, ça y est?!? »… « Eh bien non, toujours pas! J’ai juste envie de rentrer chez moi en voiture… »


Nous rappelez comme nous sommes chanceux…

… de ne pas avoir d’enfants. Oui, on est chanceux, car on peut se lever à l’heure que l’on veut. Pas d’enfant qui nous réveille la nuit, qui hurle ou qui pleure… À croire que nous sommes sadomasochistes de vouloir à tout prix des enfants. Alors quand en plus vous prenez des traitements depuis des années pour en avoir, il faut être fou quand même !


Se plaindre des maux de la grossesse

Quand on est infertile, on rêve d’avoir mal au cœur, au ventre, au dos… Se plaindre de cela devant nous, c’est comme se délecter d’une grosse pâtisserie devant quelqu’un qui est au régime. C’est peut-être un peu exagéré et pourtant chaque mois, nous sommes à l’affût de cette petite nausée matinale que l’on espère, que l’on attend et qui ne vient jamais.


Nous transformer en super tonton ou tatie géniale…

Comme nous n’avons pas d’enfants et que les copains ne peuvent quand même pas nous donner les leurs, eh bien une fois devenus parents, ils les partagent à leur façon en nous proclamant « Tonton et Tatie ». Du coup, les infertiles se trouvent à la tête de 15 neveux et 18 nièces et ça leur coûte très cher en cadeaux et bonbons…


Dire « bientôt se sera ton tour » le jour de la Fête des Mères…

Seuls les célibataires un jour de Saint-Valentin peuvent comprendre…

Allez sans rancune, les fertiles, nous sommes certes à prendre avec des pincettes parfois, mais nous ne vous en voulons pas, car nous-mêmes, nous avons du mal à nous comprendre! Je suis sûre que mes amis(es) infertiles (et fertiles) trouveront bien d’autres exemples…

 

© Illustrations de Véronique Saüquère

Le jour où j’ai appris mon infertilité.

Comment bien vivre l’annonce des grossesses autour de moi ?

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Sophie Bertero

Le magazine Web Fiv&Co est né d’une expérience personnelle d’Assistance Médicale à la Procréation qui aura duré près de 13 années. Long et difficile combat qui m’aura tout de même offert deux beaux garçons. Modestement, grâce à ce recul, mais aussi aux échanges avec d’autres couples ayant vécu, ou s’apprêtant à vivre, un parcours similaire au mien, m’est venue l’idée de créer ce magazine participatif en ligne. Issue du marketing et de la communication plurimédias, mon cursus et mon réseau professionnel m’ont permis de construire ce projet et de le faire grandir.

Un commentaire

  1. Malheureusement la vie nous réserve parfois des obstacles auquel ns aurions pas pensés vivre au bout de longue année notre petit bonhomme va bientôt voir le jour la douleur s’efface mais fera tjs partie de moi ne JAMAIS perdre espoirs et patience

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